14 Mai 2019
À peine les derniers tas de neige ont-ils rendu l’âme, à peine les skis ont-ils retrouvé leur retraite au fond du garage et les bonnets relégués au fond du tiroir, que déjà les asperges débarquent en fanfare sur les étals des grands magasins. Oui, déjà ! Complètement roillé ! (du patois vaudois signifiant fou, dérangé, cinglé).
Et pas n’importe lesquelles. Les premières arrivent tout droit du Pérou, poursuivies de près par leurs cousines mexicaines. Les chinoises, ce sera pour bientôt. Autant dire qu’elles ont plus voyagé que nous ces deux dernières années. Et pour aller encore plus vite, c’est en charter privé qu’elles voyagent. En classe économique, certes, mais avec une efficacité redoutable : à ce prix-là (autour de 2 francs le kilo), elles peuvent bien se permettre quelques heures de vol.
Ensuite débarquent les européennes : les Espagnoles, les Allemandes, toute une farandole d’asperges polyglottes.
Et puis, quand tout le monde s’est rassasié d’asperges, [roulement de tambour] ENFIN ! arrivent les vraies stars, les asperges du coin. Les nôtres. Celles qui ont pris leur temps, celles qui ont vu passer les frimas, celles qui coûtent entre 15 et 20 francs le kilo, mais qui n’ont pas traversé la planète en jet lag.
Et puis, quand un produit local vaut deux à trois fois plus cher que ses cousines voyageuses, certains petits malins voient une opportunité, disons créative. Hop, une asperge étrangère qui devient miraculeusement « du pays ». Magie !
Mais pas si vite mon ami, nos autorités ne sont pas nées de la dernière pluie, elles veillent au grain. Le laboratoire cantonal a mis au point une technique d’analyse unique pour débusquer les fraudeurs. Cette technique permet de déceler l’origine des asperges en analysant l’eau qu’elles contiennent. Résultat : les tricheurs se font démasquer et hop, au trou. Et franchement, c’est bien fait pour eux !
Et dans tout ça… la tarte !
Alors pour cette tarte aux asperges, je vous en supplie (oui, carrément), choisissez de belles asperges locales toutes fraîches, bien vertes. Pas seulement pour le goût — même si vos papilles vous diront merci — mais aussi pour votre conscience. Elle aussi mérite un petit moment de bonheur.
Pour les poivrons, bien rouges s’il vous plaît… bon, soyons honnêtes : ils viendront très probablement des Pays-Bas, en camion, après un périple moins glamour, mais il faut ce qu’il faut. On fermera les yeux pour cette fois. Promis, personne ne dira rien.
Et pour le reste ? Rien de plus simple : farine, œufs, sel… tout est déjà dans le placard et le beurre vous attend sagement au frigo. Bref, aucune excuse.
Allez, en cuisine, et que la magie opère ! On retrousse les manches et on passe aux choses sérieuses.
… et longue vie aux asperges du Pays !
Ici j’ai opté pour un moule rectangulaire de 21 x 16 cm mais selon votre matériel, un moule rond conviendra parfaitement. Les quantités sont prévues pour 4 personnes comme plat ou 6 personnes en entrée, avec chacune des deux variantes suivantes :
1 moule rectangulaire de 35 × 11 cm ou
1 moule rond de 22/24 cm de diamètre
Ingrédients pour la pâte brisée
Préparation de la pâte


Cuisson à blanc

Ingrédients pour les poivrons
Préparation


Ingrédients pour les asperges
Préparation

Ingrédients pour l’appareil
Montage et cuisson


Finition