3 Janvier 2026
La couronne des rois est probablement la seule monarchie suisse qui fonctionne encore sans votation, sans initiative populaire, et sans recours au Tribunal fédéral.
Ici, la royauté est conférée par un gâteau de pâte levée aux raisins secs, composé d’une grosse boule entourée de petites, et la souveraineté se transmet uniquement par tirage au sort ou main levée.
La tradition veut que l’on se réunisse autour de cette fameuse couronne le 6 janvier, jour de l’Épiphanie, pour partager le gâteau, cacher la fève, couronner un roi ou une reine d’un jour, même des fois de seulement quelques heures…
Mais cette douce monarchie boulangère n’est pas née à Genève, ni à Berne, ni même à Bethléem. À l’origine, la galette remonte à une fête païenne romaine célébrant le solstice d’hiver. On y partageait un gâteau rond et doré comme le soleil renaissant. Pour assurer une répartition équitable, on plaçait un enfant sous la table afin qu’il désigne les parts au hasard. Et dans le gâteau, on cachait une fève. Celui qui la trouvait devenait roi… mais surtout devait payer l’addition. Ce qui explique qu’à une époque, certains préféraient avaler la fève plutôt que de payer l’addition, car il faut savoir que les premières fèves étaient de vraies légumineuses, si si. Puis, au XVIIIᵉ siècle, elles furent remplacées par des fèves en porcelaine, représentant souvent l’enfant Jésus. Aujourd’hui, elles sont en plastique, sous toutes les formes imaginables, même Goldorak y a passé.
Et les rois mages dans tout ça ? Leur arrivée dans l’histoire est moins biblique que commerciale. En Suisse, la tradition moderne de la galette des rois est largement popularisée dès 1951 par l’Association suisse des boulangers. Résultat : chaque 6 janvier, il se vend environ un million et demi de couronnes dans le pays. Ce qui fait de cette brioche probablement la seule couronne admirée par plus de monde que celle de la reine d’Angleterre.
La recette est aujourd’hui bien codifiée, mais ici j’ai choisi de lui donner une petite escapade tropicale : les raisins secs sont mis à macérer dans un verre de rhum. Une fantaisie strictement réservée aux adultes bien sûr, les enfants auront droit à la version sobre… mais tout aussi royale.
Et comme toute monarchie digne de ce nom, celle-ci est éphémère, instable, légèrement alcoolisée, et ne survit en général pas au petit-déjeuner.
À midi, il n’y a déjà plus de roi, plus de reine, plus de couronne… seulement quelques miettes, une fève qui traîne sur la table, et des enfants qui se demandent très sérieusement pourquoi on n’en mange pas plus souvent.
Recette pour 2 couronnes
Ingrédients
600g de farine fleur ou blanche (voir INFO farines)
32,5 cl de lait frais
1 œuf (55 g) (lait et œuf doivent être égal à 380 g)
25 g de levure fraîche
40 g de sucre
10 g de sucre vanillé
50 g poudre d’amande
12 g de sel
100 g de beurre
100 g de raisins secs
10 cl de rhum (facultatif)
1 jaune d’œuf + un peu de lait, pour dorer
2 à 3 cuillères à soupe de sucre grêle
40 g d’amandes effilées
2 fèves, 2 couronnes
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