6 Avril 2026
Faire ce rôti, ce n’est pas seulement cuisiner, c’est presque un acte citoyen. Une mission de sauvetage même, car le vignoble genevois, mais pas seulement, traverse une période chahutée entre surproduction, baisse de la consommation et soupirs inquiets dans les caveaux. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir du bon pinard chez nos voisins du bout du lac, bien au contraire. Mais c’est qu’il y en a trop !
Nous, les anciens, on fait encore de la résistance, verre à la main et sourire en coin. Mais les jeunes, eux, troquent volontiers le chasselas contre du kombucha pétillant, des mocktails sophistiqués ou du kéfir trafiqué. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’arrivent des boissons hybrides aux noms futuristes, mélange improbable de caféine, taurine et vodka multivitaminée végan, de quoi faire lever un sourcil à Calvin. Alors voilà le résultat, le mot “arrachage” circule déjà dans les rangs des ceps, et certains vignerons ont déjà commencé, ça, franchement, ça serre le cœur. Alors, où se trouve la solution ?
Mon médecin, lui, reste pragmatique. Sans ordonnance officielle, il glisse parfois qu’un petit verre de rouge par jour ne saurait nuire. Pour la santé, on en discutera encore longtemps, mais pour le moral, le diagnostic est formel.
D’autres rêveraient de freiner les vins venus de l’autre bout du monde, vendus à prix plancher. Mais entre les accords commerciaux et les grandes règles internationales, difficile de jouer au douanier helvétique. Alors on fait ce qu’on peut, à notre échelle : on cuisine local, on débouche local, et on soutient nos vignerons avec la plus belle des armes, le verre à la main et la fourchette aux barricades.
Alors soyons solidaires. Préparons ce rôti de porc à la genevoise, pas seulement pour le repas du dimanche mais pourquoi pas chaque semaine. La recette prévoit une bouteille de vin. Soyons généreux, mettez-en deux. La sauce n’en sera que plus belle, et personne ne s’en plaindra.
Allez, un petit coup de rouge pour se donner du courage, on attache le tablier et hop, au fourneau, sans attendre.
(Cette recette est inspirée de « La cuisine d’hiver des paysannes suisses)
Recette pour 4 à 5 personnes
Ingrédients
1,2 kg de rôti de porc dans le cou (échine)
1 bouteille (7,5 dl) de vin rouge genevois (par exemple pinot noir ou gamay)
2 feuilles de laurier
2 à 3 échalotes
1 noix de beurre à rôtir ou un peu d’huile végétale
Sel, poivre noir du moulin
2 oignons
2 carottes
150 g de lardons
200 g de champignons de Paris
3 à 4 gousses d’ail
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Suggestion d’accompagnement
Servir avec un gratin et des légumes d’hiver, ou idéalement avec un gratin de cardons genevois AOP.