17 Avril 2026
Aujourd’hui, on va parler saucisses… mais pas celles qui finissent tristement sur un barbecue. Non, aujourd’hui, on entre dans la cour des grands. On parle soudjouk. Oui monsieur, oui madame.
Ce petit bijou de charcuterie arménienne, c’est du bœuf, des épices, du caractère, et surtout, une capacité redoutable à créer une dépendance immédiate. Tu coupes une tranche. Tu gouttes. C’est fini. Rideau. Tu es déjà en train d’en couper une deuxième.
Soudjouk, soujuk, soudjour, là il faut choisis ton camp. Tout ça vient du mot arménien « սուջուխ », et comme souvent dans les traditions bien vivantes, l’orthographe fait un peu ce qu’elle veut parce qu’ici on écrit ce que l’on entend. Mais peu importe comment tu l’écris, la polémique c’est pour les autres.
C’est une star incontestée de la table arménienne : au petit déjeuner, à l’apéro, en mezzé, en pique-nique, et même en douce, debout devant le frigo à 2h du matin.
Pour moi, tout a commencé à l’adolescence.
Direction Lyon pour retrouver la famille. Passage obligé chez l’épicier arménien, un rituel sacré. Et le retour en Suisse ? Impossible de rentrer sans quelques chapelets de soudjouk qui embaumaient la voiture durant tout le voyage. Un parfum de viande séchée et d’épices pendant des heures. Une ambiance, disons mémorable. Mais surtout, des moments de dégustation gravés à vie. Le genre de goût qui s’installe dans ta mémoire et refuse d’en sortir.
Des années plus tard, pendant ma période « apprenti charcutier », une idée fixe : fabriquer ce saucisson, ce chapelet de souvenirs.
Après moultes recherches, des essais, quelques erreurs (on ne parlera pas de certains ratés), et surtout beaucoup de passion pour arriver finalement au succès.
Alors aujourd’hui, si tu es motivé comme je l’étais, je te passe le flambeau. Mais attention, je te le dis tout cru, ce n'est pas cuit d'avance, ce n’est pas une recette pour débutant et le processus peut durer jusqu’à 1 mois avant de pouvoir te régaler. Mais crois-moi, l’attente fait partie du plaisir.
Pour te lancer, tu vas devoir t’équiper un minimum : un hachoir, un poussoir, un frigo et surtout… un endroit pour suspendre tes saucissons, en évitant le salon ou la chambre à coucher bien sûr.
Ici, c’est 100% bœuf, pas de mouton, encore moins de cochon
Et surtout : parle à ton boucher. Explique-lui ton projet. Il va adorer (ou te prendre pour un fou… mais t’aider quand même).
Demande aussi des boyaux de bœuf (4 à 5 cm de diamètre). Compte environ 1,5 mètre par kilo de mêlée.
Encore quelques précisions sur le salpêtre et le sel nitrité qui sont des ingrédients cruciaux dans la fabrication de charcuteries car ils aident à préserver la couleur, la saveur et éviter la prolifération de bactéries (botulisme). Sans danger pour la santé si l’on respecte les dosages avec précision. On peut faire sans, mais il y a toujours un risque à ne pas négliger. Par contre, le sucre est vivement recommandé, c’est lui qui va maintenir le PH idéal lors de la rubéfaction.
Et maintenant ? Si tu es encore là, c’est que :
✔️ tu es motivé
✔️ tu aimes les défis
✔️ et surtout… tu es prêt à entrer dans le cercle très fermé des fabricants de soudjouk maison.
Alors enfile ton tablier, rassemble ton matériel et prépare-toi à vivre un moment aussi long que satisfaisant. Parce qu’au final, quand tu goûteras TON soudjouk, tu comprendras pourquoi ça valait le coup d’essayer.
Ingrédients pour environ 1 kg de viande
1000 g de viande de bœuf
8 g de cumin oriental (Cuminum cyminum)
6 g de paprika doux
3 g de poivre noir moulu
4 g de piment de la Jamaïque (attention, ce n’est pas un piment !)
0,25 g de poivre de Cayenne (là, c’est du sérieux, HOT)
4 g d’ail en poudre
5 g de sucre
1,5 m de boyaux de bœuf calibre 55 (boyaux courbes)
Variante 1 (salaison classique)
25 g de sel de cuisine
1 g de salpêtre
Variante 2 (salaison mixte)
15 g de sel nitrité
10 g de sel de cuisine
0,3 g de salpêtre
Préparation
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Étapes de maturation
1. La rubéfaction
👉 La viande va se raffermir et prendre une couleur rouge foncé : c’est la rubéfaction.
2. Le séchage
👉 Cela permet de compacter la mêlée et d’éviter les poches d’air.
Conseils importants
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Dégustation & conservation